Jefferies reste à l'achat sur Thyssenkrupp malgré l'impasse sur l'acier et les tensions géopolitiques
information fournie par Zonebourse 27/04/2026 à 10:11
En conséquence, Jefferies abaisse l'EBIT ajusté estimé pour 2026 de 2% à 830 MEUR (contre un consensus FactSet de 794 MEUR), reflétant l'accentuation de l'incertitude macroéconomique liée au conflit au Moyen-Orient. Bien que les prix de l'énergie aient augmenté, l'impact sur les coûts à court terme reste limité, soutenu par les stratégies de couverture ( hedging ) et les compensations tarifaires.
En outre, son scénario de base repose toujours sur l'hypothèse que le conflit ne s'éternisera pas, mais l'incertitude élevée suffit à retarder la reprise des bénéfices. Ainsi, Jefferies relève sa prévision d'EBIT pour 2027 de 4%, anticipant une reprise davantage concentrée sur la fin de période ( back-end-loaded ), portée par une meilleure visibilité macroéconomique et un levier opérationnel normalisé.
Steel Europe : l'impasse des négociations est un point négatif
Par ailleurs, le broker souligne que "le sentiment des investisseurs concernant la cession de thyssenkrupp Steel Europe s'est encore dégradé. Les négociations avec Jindal Steel International (la branche internationale du groupe indien Naveen Jindal) semblent être au point mort". Cependant, des étapes opérationnelles et stratégiques clés ont déjà été franchies, notamment la sortie de HKM (Hüttenwerke Krupp Mannesmann = entreprise sidérurgique allemande située à Duisbourg) effective en juin 2026, un accord syndical (novembre 2025) et un ajustement de la capacité de production (passant d'environ 11 à 8,7 - 9 millions de tonnes), ce qui améliore sensiblement la compétitivité de l'actif.
En parallèle, thyssenkrupp poursuit l'avancement du projet DRI (réduction directe du fer) à Duisburg - un investissement de 3 MdsEUR pour une capacité de 2,5 millions de tonnes, financé à environ 70% par des fonds publics - soulignant ainsi les options stratégiques de décarbonation à long terme.
En 2026, thyssenkrupp Steel Europe devrait enregistrer des coûts de restructuration s'élevant à plusieurs centaines de millions d'euros (800 MEUR selon une estimation J.P. Morgan), tout en absorbant environ 50% des investissements (Capex) du groupe (1,4 à 1,6 MdEUR) et 5,3 MdEUR de retraites, maintenant ainsi le flux de trésorerie disponible (FCF) à court terme sous pression.
Le regain de conflit avec l'Iran a réintroduit de la volatilité sur les prix du gaz et de l'électricité, pesant sur le moral des investisseurs.
Jefferies rappelle que "les coûts énergétiques représentent généralement 5 à 10% du coût des ventes de l'acier en Europe, ce qui implique que l'impact négatif direct sur l'EBITDA est relativement contenu et partiellement atténué par des leviers opérationnels et la répercussion des coûts au fil du temps.
A l'inverse, le prix de l'acier est le moteur dominant : on estime que chaque augmentation de 50 EUR/tonne des prix de l'acier en Europe fait grimper l'EBITDA de Steel Europe de 25 à 30%, compensant ainsi largement toute volatilité des coûts énergétiques.
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